15579796-20806212A 31 ans, l’enfant de Papara mène plusieurs combats de front. Entourée de son conjoint et de ses collègues, elle travaille dur chaque jour pour que vive la culture et les traditions polynésiennes.

Une volonté de fer et un franc-parler dans un petit bout de femme qui n’est jamais avare d’un sourire. « Hinatea Colombani attire la sympathie », témoignent ceux qui l’ont croisée.

« C’est ma deuxième maison, lâche Hinatea Colombani en rangeant sa chaise. Je suis ici trois jours par semaine de 9 heures à 17 heures, parfois plus tard. Quand je ne suis pas là, je suis au centre, à Papara, là-bas, c’est ma véritable maison ». Une maison qu’elle a convertie en un centre culturel et artistique. ‘Arioi, de son nom, se situe à Papara. Il accueille chaque jour enfants et adultes qui souhaitent apprendre un peu plus sur la culture polynésienne. Hinatea Colombani, 31 ans, a créé ce centre il y a deux ans. Un « vieux » rêve, réalisé à force de travail et de persévérance et grâce à une bonne étoile. « J’ai toujours eu la volonté de créer cet établissement mais avant, je n’en avais ni les moyens ni l’espace. »

« Professeur de danse ? Ce n’est pas un métier !

Avant, c’est il y a huit ans. En 2008, Hinatea Colombani, alors âgée de 23 ans, ouvre son école de danse. Un autre de ses rêves, auquel elle refusait d’abord de croire. « J’ai toujours fait de la danse. J’ai fait plusieurs écoles, fait des galas. Puis, je suis partie en France. Quand je suis revenue l’été au fenua, j’ai travaillé comme assistante pour Makau Foster. Je lui donnais un coup de main pendant les cours de danse… »

L’étudiante en sciences politiques ne pense qu’à devenir politologue. Elle ne s’imagine pas rester au fenua pour vivre de sa passion. « Un jour – je me souviendrai toute ma vie de ce moment -, je mettais mes affaires dans la voiture après un cours de danse. Makau est venue à ma hauteur et m’a conseillé de devenir professeur de danse et d’ouvrir mon école. Je lui ai ri au nez ! Professeur de danse ? Pour moi, ce n’était pas un métier ! Qu’est-ce que j’ai été bête… »

L’idée fait son chemin dans la tête de cet enfant de Papara. Avec les conseils avisés de son mentor, elle décide de se lancer dans l’aventure. Elle abandonne ses études en France. Direction Papara. Elle choisit d’y ouvrir son école : Matehaunui. « Je suis de Papara et je me demandais pourquoi il n’y avait rien de culturel là-bas. Mon pito est à Papara, mon pufenua est à Papara. C’est pour ça que j’ai décidé de m’installer là-bas, contrairement à ce que tout le monde me disait. »

Au départ, peu de gens croient en son projet, à commencer par les banques. Épaulée par son conjoint, Hinatea Colombani s’accroche. Huit ans plus tard, elle a réussi son pari. C’est aussi grâce à cette école qu’elle a pu donner naissance à son « bébé » : le centre culturel et artistique ‘Arioi. « Je n’ai pas une belle maison, nous n’avons même pas encore l’électricité et nous nous débrouillons avec l’eau de la rivière. Je n’ai pas de Mercedes mais nous avons cette école de danse et le centre. C’est ça notre bébé dont nous pouvons être fiers aujourd’hui. Avec notre équipe et les enfants qui y viennent, c’est ça notre famille », affirme la jolie brune, les larmes aux yeux.

The ‘Arioi experience
Depuis ses débuts, la famille s’est agrandie. De plus en plus d’enfants viennent au centre pour pratiquer le ‘ori Tahiti, apprendre le reo, jouer des percussions ou encore prendre des cours de soutien. Tout cela à un coût. Un prix que tout le monde ne peut payer. « Il y a des enfants des quartiers prioritaires de Papara qui ne peuvent pas venir au centre car c’est trop cher pour eux. Nous avons eu l’aide du contrat de ville pour payer une partie de leur abonnement mais cela ne va pas être reconduit cette année. Cela veut dire que ces enfants ne pourraient pas continuer leurs activités… « , explique la chef d’entreprise. Impensable pour l’enseignante. « Nous avons tissé des liens avec ces enfants. Ce n’est pas l’argent qui peut nous les casser. »

Conseillée par un ami informaticien, Hinatea Colombani et son équipe ont donc décidé de monter une plateforme de cours en ligne. « La première fois qu’il m’en a parlé, l’évidence ne m’a pas frappé tout de suite… Je n’ai pas sauté sur l’occasion. Et puis je suis revenue du Japon et là, j’ai compris que c’était la bonne solution… » Les afficionados de culture polynésienne du monde entier pourront y trouver des cours de ‘ori, de percussion, de cuisine et même de reo. Certains seront gratuits et d’autres seront payants. Une partie des fonds récoltés par The ‘Arioi experience, qui comprend aussi des stages à Tahiti, permettra de financer les formations des jeunes têtes brunes de la commune de Papara. « C’est un peu quelque chose de maladif chez moi. Je dois aider les autres. Petite, j’avais envie de tout faire mais mes parents ne pouvaient pas tout m’offrir… Aujourd’hui, j’ai changé de rôle : je suis celle qui enseigne, celle qui partage. Partager, c’est génial ! C’est mon leitmotiv, alors j’essaie de le faire… »

 

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