CoprahLa caisse de soutien des prix du coprah est chargée de reverser les subventions du Pays pour financer l’agriculture déficitaire du coprah à la SA Huilerie de Tahiti qui achète la marchandise aux coprahculteurs. Seulement petit problème… ses dispositifs de fonctionnement ne lui permettent pas de remplir ses missions. Une réforme de la caisse s’impose aujourd’hui, selon un rapport de la Chambre territoriale des comptes.

Si la culture du coprah se pratique facilement dans les îles, sa gestion, elle, est un peu plus complexe…
La caisse de soutien des prix du coprah (CSPC) est chargée d’assurer la régulation des prix d’achat du coprah aux producteurs afin de garantir un revenu stable aux coprahculteurs. Ses ressources proviennent exclusivement d’une subvention du Pays. Le prix d’achat du coprah étant fixé par le conseil des ministres ; elle est chargée de verser périodiquement à la SA Huilerie de Tahiti une subvention, qui représente la différence entre le coût d’acquisition du coprah au prix fixé par le conseil des ministres et le produit de l’exportation de l’huile brute de coprah au cours mondial. De 2010 à 2016, le Pays a ainsi subventionné l’achat du coprah à hauteur de 75% ; la subvention au prix du coprah a augmenté de 63% entre 2010 et 2015. L’année 2016 a été marquée par un léger repli de 17%, la subvention s’établissant à 1,3 million de francs.

LA CAISSE N’A AUCUN CONTACT AVEC LES COPRAHCULTEURS
La caisse doit recenser les coprahculteurs, estimer la production de coprah et le montant de la subvention à l’Huilerie. Elle n’est cependant pas en capacité de mener à bien cette mission. En effet, elle n’a aucun contact avec les coprahculteurs puisque son partenaire exclusif est l’Huilerie.
Alors que le prix d’achat du coprah a été déterminé afin de garantir aux coprahculteurs un revenu équivalent au SMIG (150 000 francs), le dispositif ne permet pas de connaître le revenu effectif perçu par ses derniers. En effet, il n’existe aucune étude sur le contenu des contrats de métayage qui les lient aux propriétaires des cocoteraies. En outre, la fixation d’un revenu minimal de 50 francs sur 140 francs par kg de coprah au profit des coprahculteurs, assure aux propriétaires de cocoteraies une rente garantie de 90 francs maximum, à l’abri de toute variation des cours.

Ainsi, alors que le dispositif de soutien du prix du coprah relève d’un objectif essentiellement social, le Pays n’a aucune information sur ses résultats. En tout état de cause et sans tenir compte des éventuels loyers, le rapport du tonnage de coprah et du nombre de coprahculteurs permet de déterminer un revenu moyen mensuel de 14 334 francs, très éloigné du salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG).

UN BESOIN DE TRANSPARENCE
S’agissant enfin de la subvention versée par la caisse à l’Huilerie, il dépend d’une pluralité de facteurs qui ne sont pas maîtrisés par le Pays (cours mondial de l’huile de coco…). Ce mécanisme fait peser un risque non négligeable sur la situation financière de la Collectivité au regard de son évolution récente. Son évaluation, qui n’a jamais été menée depuis sa création, apparaît aujourd’hui nécessaire. Elle requiert un recensement et une analyse socio-économique des bénéficiaires afin de réformer le dispositif et d’en assurer la transparence.
Au vu des objectifs poursuivis, il conviendra de doter la caisse de moyens adaptés à sa mission.

 Rapport d’observations définitives de la CTCPF relatif à la Caisse de soutien des prix du coprah (CSPC).pdf  (796.43 Ko) 

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