RESSOURCES NATURELLES TERRESTRES

Hanavave - PE

Capture d_écran 2017-07-06 à 11.14.47La répartition des formations végétales entre archipels est très variable du fait des caractéristiques écologiques spécifiques à chaque archipel ou à chaque île (climat plus sec et chaud aux Marquises, plus humide et frais aux Australes, substrat corallien dans les atolls des Tuamotu).

Chaque île ou archipel possède une biodiversité particulière, avec certains taxons endémiques insulaires ou archipélaires et des groupements végétaux caractéristiques (patrimoniaux) tant au niveau de la flore primaire que secondaire.

Les données sur la végétation sont encore largement éparses et incomplètes sur l’ensemble de la Polynésie française. Néanmoins, l’essor cette dernière décennie des inventaires floristiques et des Systèmes d’Information Géographique (SIG) ont permis d’améliorer considérablement les connaissances sur la végétation du Pays. Actuellement, 17 îles hautes et 10 atolls ont fait l’objet d’une carte de végétation de l’île entière ou partiellement. Ces cartes sont généralement conçues pour les gestionnaires des espaces naturelles (DIREN), pour les plans d’aménagement (SDR, PGA, SAU), ou les associations de protection de l’environnement.

 Les unités de végétation – Au total, 190 unités de végétation ont été répertoriées sur les 28 îles hautes de 3 grands archipels (Société, Marquises, Australes-Gambier).

Certaines formations végétales sont équivalentes d’un archipel à un autre mais diffèrent souvent par plusieurs taxons endémiques à l’archipel présent en sous-bois. Près de la moitié des formations végétales recensées sont des forêts, contre un tiers pour les atolls.

Parmi les 190 unités de végétation recensées 

– 38 formations végétales des îles hautes sont considérées comme « patrimoniales » du fait de sa composition presque exclusive d’espèces (flore et faune) patrimoniales (endémiques, protégées)

– 31 unités de végétation ont été recensées sur les îles coralliennes, 4 sont patrimoniales. Les atolls abritent 102 espèces indigènes dont 11 sont des espèces endémiques archipélaires (Source : F. Jacq, 2014)

 coprah@LHProduction terrestre1  terrestre3

L’agriculture représentait en 2005 3,5% du PIB (données ISPF). Elle dispose d’une ressource foncière limitée par la superficie réduite (3 500 km²) et des contraintes topographiques et pédologiques; la SAU (Superficie Agricole Utile) ne représente que 8 à 10% de la superficie totale, soit moins de 25 000 ha (hors cocoteraie).

Les démarches des acteurs économiques sont très marquées par la diversité des ressources et des sites d’activité, dépendant du système des îles et des archipels: par exemple, le poids des îles sous le vent dans la filière vanille, le rôle de la filière coprah pour les Tuamotu, les productions fruitières (ananas de Moorea, mangues des Marquises, agrumes des îles sous le vent, légumes des Australes).

Sur les 6217 exploitations recensées au RGA de 1995, une grande majorité reste des exploitations familiales (87% emploient moins de 10 salariés). Les 2/3 font de la polyculture, et vendent leurs produits hors de tout circuit commercial(1).

Face au grand nombre de produits importés, le développement de l’agriculture locale  est un enjeu pour assurer un revenu aux populations des îles et pour assurer une auto-suffisance alimentaire.

    unnamed-1 unnamed unnamed-2
Une agriculture vivrière restée traditionnelle

Avec une production annuelle d’environ 30.000 tonnes de fruits et 15.000 tonnes de légumes, l’agriculture polynésienne couvre à peine la moitié des besoins du territoire, et souffre d’une mauvaise image aux yeux des consommateurs.

 Une industrie agroalimentaire contrastée

Avec 1 200 entreprises agroalimentaires dont 93% emploient 1 à 2 salariés seulement 2 de plus de 50 salariés, les entreprises agroalimentaires sont essentiellement tournées vers le marché intérieur. Entre 2003 et 2005, les exportations ont cependant progressé de 20%, grâce aux boissons et à la mise en place de la nouvelle filière du noni.

terrestre2fleurs et fruit vert Morinda citrifolia NONI (JYM)Unknown

Un fort développement de filières nouvelles,
liées à de nouveaux débouchés

  • La vanille

Des trois variétés de vanille (Madagascar, Réunion, Tahiti), la vanille de Tahiti a les arômes les plus étendus. Or, si elle est largement présente dans toute la ceinture tropicale, elle ne fleurit vraiment bien qu’en Polynésie française. C’est pourquoi, dans un contexte de hausse des cours mondiaux, la Polynésie a multiplié les efforts en matière d’amélioration de la qualité du produit.

  • Le noni : un exemple à suivre ?

Plante de la pharmacopée polynésienne, le noni a été découvert par un chercheur américain. La société Tahitian noni International (TNI), créée en 1995, en a popularisé sa consommation aux Etats-Unis. Le succès du noni s’est traduit en Polynésie par un triplement des exportations de noni (purées et jus) entre 1998 et 2005, et l’entrée de nouvelles entreprises sur ce créneau (royal tahiti noni, o’tahiti nono, vainoni…) à côté de Morinda, la filiale locale de TNI.

Malheureusement, cette tendance à la hausse régulière s’est retournée en 2006, avec la très nette réduction des approvisionnements de Morinda. En 2008, cette réduction s’est encore accentuée ( -25 % en valeur) et les ventes de purée de noni sont passées au-dessous du seuil de 500 millions de F CFP.

En raison d’un manque certain de compétitivité par rapport à d’autres producteurs, l’avenir du noni, qui, à la différence de la perle de Tahiti, n’est pas un produit exclusivement polynésien (Hawaï, divers pays insulaires du pacifique, d’Amérique centrale et d’Asie en produisent aussi, quelquefois à des coûts 5 à 10 inférieurs à ceux de la Polynésie), ne s’annonce pas aussi prometteur qu’on pouvait le croire au début des années 2000.

  • Le tamanu

L’exploitation du tamanu, filière plus récente datant d’une dizaine d’année, commence à porter ses fruits. Ses vertus hydratantes et cicatrisantes sont désormais avérées et la branche cosmétique a commencé à s’y intéresser. Aussi, à l’image du monoï, les fabricants d’huile se sont regroupés au sein de l’Institut du tamanu afin de standardiser la production. Néanmoins, les industriels déplorent le manque de régularité dans les approvisionnements (récoltes aléatoires) et les prix pratiqués, préjudiciables à l’établissement de réseaux commerciaux.

  • Le Coprah

Le processus de fabrication du monoï débute dans les 29 000 hectares de cocoteraies que compte le territoire polynésien, dont la plupart (86%) sont situées sur les atolls de l’archipel des Tuamotu – Gambier.
L’amande de la noix de coco récoltée est séchée au soleil pour devenir coprah par la suite acheminé par bateau vers Tahiti. La culture du coprah constitue une source de revenus importante pour les populations des archipels éloignés de Polynésie française, ce qui incite les pouvoirs publics à soutenir financièrement la filière afin d’en assurer la pérennité et de garantir un revenu minimum aux 2000 coprahculteurs recensés en 2012.
Le monoï est vendu sous trois formes du monoi pur conditionné des produits cosmétiques contenant du monoï (préparations antisolaires, pour bronzer, pour l’entretien ou les soins de la peau ou bien en vrac, en tant que matière première entrant dans des production s de l’industrie cosmétique. En moyenne sur les vingt dernières années, le monoï en vrac représente 89 % des volumes exportés, contre 11 % pour le monoï pur conditionné , ce qui génère peu de valeur ajoutée. Les produits à base de monoï ont quant à eux un poids marginal dans les exportations, en l’absence d’une industrie cosmétique locale.

Voir aussi : 

le projet HAARI, labellisé par Tahiti Fa’ahotu et financé par le Contrat de projets Etat-Pays

HAARI

Picto DIREN - n°04 - patrimoine naturel
Le patrimoine naturel
Picto DIREN - n°06 - occup terre
L’occupation des terres, du littoral, des lagons et des espaces protégés
Picto DIREN - n°14 - agriculture
L’agriculture, l’exploitation de la forêt et l’élevage